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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 10:08


Autour d'un brasero, chacun des trente-trois spectateurs se sert, le vin est bon, la nuit est douce. On lorgne vers le Tonneau, un chapiteau -moins grand qu'un manège de notre enfance- qui nous attend. La magie du Petit théâtre baraque de Branlo et Nigloo est déjà là.

Amorces lueurs et petits riens

On monte l'escalier, on soulève la bâche et là haut on s'accoude des deux coudes autour d'une rambarde circulaire et on regarde au fond du puits à merveilles.

Et c'est est plein de merveilles, aussi indescriptibles que furtives. Cela s'appelle « Augustes », car ils sont deux comme toujours, c'est le dernier spectacle en date du Petit théâtre Baraque de Branlo et Nigloo, les habitants du Tonneau.

Un gargouilis de plaisirs

Plus tard, quand on redescendra l'escalier, je ferai part à l'un des trente-trois, Emmanuel de Véricourt (qui les avait souvent accueillis lorsqu'il dirigeait le Théâtre national de Bretagne) de la difficulté qu'il y aura à écrire sur un tel spectacle fait de petits riens, d'amorces, de lueurs, de beautés d'instants qui passent sans s'attarder et qu'il convient de ne pas dévoiler, au plus de suggérer.



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« Il faudrait un poème », m'a dit Emmanuel. Et c'est vrai que Branlo et Nigloo sont des poètes du grimage, de l'éclairage, du regard. La position du corps du spectateur, debout et accoudé, faisant cercle en est comme le socle inversé.

Ce sont eux qui, en bas du Tonneau, lèvent la tête vers nous. Le théâtre des deux Augustes y déploie ses frottements, ses recouvrements, ses dévoilements, et sa danse finale où un Auguste en vaut bien deux.

De la beauté par temps calme

C'est à la fois beau, énigmatique et évident comme un galet de Francis Ponge, un gribouillis de Jean Dubuffet ou un gargouillou de légumes de Michel Bras.

Cela commence avec deux loupiotes un peu jaune qui vous regardent, avant que ne surgisse en haut d'une échelle double, le premier Auguste, grimé comme tous les clowns et cheveux hirsutes comme il se doit, vociférant et maladroit comme le veut la tradition.

Un début en fanfare pour mieux installer une sorte de calme que va installer l'autre Auguste, plus frêle et murmurant accompagné au violoncelle par l'autre, les deux font la paire, toujours.

 

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Il y aura des dessins de chevaux à la Picasso, une chaise peinte du côté de Van Gogh sur laquelle on s'assoit et que l'on porte en bandoulière, des assiettes qui se cassent en ciel étoilé de débris, des choses comme ça. Un peu de musique, des beaux silences, un tas de petits inattendus, beaucoup de nuit.

Un sepctacle dont on rêve au moment même où on le voit

C'est un spectacle dont on rêve au moment même où on le voit. Ainsi vont les deux Augustes sur des chemins de traverse, entourés de comparses. Jusqu'à saluer le public, qui fait cercle là-haut.

Pour situer les énergumènes, rappelons qu'ils ont co-fondé le cirque Aligre et Zingaro, qu'ils ont joués dans des spectacles du Footsbarn théâtre et dans d'autres du Théâtre du radeau, enfin qu'ils promènent leur Tonneau depuis une dizaine d'années avec ou sans rats.

 

 

Par Jean-Pierre Thibaudat, rue 89

Photos du spectacle Olivier Ouadah




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