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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 18:22
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TADEUSZ KANTOR


Né en 1915 à Wielopole Skrzynskie dans la région de Tarnów (en Petite Pologne), mort en 1990 à Cracovie, Kantor est indubitablement l'une des plus éminentes et originales personnalités du théâtre au XXe siècle.
Si l'artiste est aujourd'hui connu dans le monde entier, c'est principalement en tant qu'homme de théâtre, fondateur de sa propre compagnie, créateur de spectacles insolites. Son œuvre portait l'empreinte d'une poétique constituée sous l'influence d'expériences personnelles difficiles, liées à l'ascendance complexe de l'artiste, originaire de Galice. En Pologne, Kantor collaborait surtout avec le milieu artistique de Cracovie, avec lequel il fut intimement lié. Personnage de premier rang du milieu artistique de Cracovie, Kantor y eu une action remarquable d'entraînement et de rassemblement. Immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, l'artiste prit part à la fondation du GROUPE DES JEUNES ARTISTES PLASTICIENS; plus tard, au temps du "dégel", il contribua à réactiver le GROUPE DE CRACOVIE (1957) fondé à l'époque de l'entre-deux-guerres. Kantor prit également l'initiative de créer la Galerie Krzysztofory, l'une des premières galeries a présenter l'art contemporain après la guerre. Il participa activement à l'organisation de LA PREMIERE EXPOSITION D'ART MODERNE (Cracovie 1948). Dans le milieu artistique, Kantor s'est imposé comme un personnage phare, et ce jusqu'au moment de sa mort, qui advint tout juste avant la création de son dernier spectacle, dont le titre s'avéra aussi symbolique que railleur: AUJOURD'HUI, C'EST MON ANNIVERSAIRE.

Kantor fit ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie dans les années 1934-1939, avec le professeur Karol Frycz, peintre et scénographe. Kantor allait donner lui-même des cours en cette même Académie, dans les années 1948–1949 et 1967–1969. Tout au long de sa vie, l'artiste chercha à conjuguer différentes activités : animateur de la vie artistique et théoricien de l'art, il en fut parallèlement praticien. Peintre (entre autres, partisan fervent du tachisme), il fut aussi l'un des premiers créateurs du happening en Pologne, et, avant tout, un homme de théâtre : auteur, metteur en scène, scénographe et acteur.

Dès le temps de l'occupation allemande, Kantor avait créé clandestinement un théâtre expérimental, qui rassembla le milieu artistique de Cracovie. Après la guerre, l'artiste fonda le théâtre CRICOT 2, qui renouait avec l'idée du théâtre avant-gardiste des artistes plasticiens de CRICOT, réunis à l'époque de l'entre-deux-guerres par le peintre Jozef Jarema, membre du groupe COMITÉ PARISIEN. Kantor doit essentiellement sa célébrité à des réalisations théâtrales. Ses premiers spectacles, inspirés par les textes de Stanislaw Wyspianski et, surtout, de Stanislaw Ignacy Witkiewicz (notamment: LE FOU ET LA NONNE, 1963; LES GRÂCES ET LES ÉPAUVANTAILS, 1972), sont très appréciés; ils ont eu, par ailleurs, le mérite de familiariser le public avec la dramaturgie difficile de Witkacy. Ce sont cependant ses réalisations ultérieures qui lui valurent une renommée mondiale. Dénotant une influence de la prose de Bruno Schulz, les spectacles de Kantor doivent surtout leur climat insolite à l'évocation de la biographie de l'auteur, qui va puiser ses motifs dans les archives de sa mémoire. (Spectacles appartenant au courant que l'auteur désignait comme "théâtre de la mort": LA CLASSE MORTE, 1975; OÙ SONT LES NEIGES D'ANTAN?, 1979 ; WIELOPOLE, WIELOPOLE, 1980; QU'ILS, CRÈVENT LES ARTISTES, 1985; JE NE REVIENDRAI JAMAIS, 1988 ; AUJOURD'HUI, C'EST MON ANNIVERSAIRE, 1991). Qu'il s'inspirât d'une œuvre littéraire existante ou qu'il élaborât lui-même un scénario, Kantor créait toujours des spectacles intégraux d'auteur, dont il assumait totalement la responsabilité

. L'artiste prit part lui-même à nombre de ses spectacles, au titre de "maître de cérémonie", veillant attentivement au déroulement de l'action pour intervenir en cas de besoin. Ce sont ces réalisations, intégralement fondées sur la réminiscence des souvenirs de l'auteur et le déploiement de son imaginaire, comportant de nombreuses évocations de l'histoire complexe de la Pologne multinationale et de son iconographie, qui donnèrent à Kantor une notoriété internationale : la renommée d'un parton de théâtre conjuguant une vision plastique de la forme et un sens affectif, intimement personnel. Nombre d'entre ses spectacles ont aujourd'hui leur place dans l'histoire de la dramaturgie mondiale.

Deux Centres du Théâtre Cricot 2 fonctionnent désormais, l'un à Cracovie et l'autre à Florence, ce dernier étant aussi le centre de documentation et de recherche sur l'œuvre de Kantor, dans tous les domaines, et sur sa réception.

Au contraire de son activité théâtrale, les autres productions de Kantor, y compris son œuvre picturale, ont un accueil très divers. La vision de l'art qu'il professait prenait sa source dans la recherche de moyens d'expression artistique qui seraient à même de relever le défi du monde contemporain. En 1945, Kantor exprimait déjà la nécessité d'une telle recherche, en rédigeant avec Mieczyslaw Porebski le manifeste du "Réalisme renforcé", par lequel il voulait persuader les artistes de ne plus hésiter à prendre des risques au nom de la liberté créatrice, soulignant l'importance de l'expérimentation et la nécessité de l'indépendance de l'artiste face aux contraintes idéologiques et politiques. Kantor lui-même voulut mettre en œuvre ces principes à sa propre façon : avide de nouveautés, il assimilait tout procédé artistique qu'il considérait utile, pour ensuite le modifier, le transformer. Durant toute la période de domination du réalisme socialiste, Kantor se retira de la vie publique.

Peintre, Kantor assuma pendant longtemps une fonction de "médium", transmettant les impulsions artistiques venant de l'Europe de l'Ouest (en 1947 l'artiste se rendit à Paris) ; en conséquence de quoi sa création n'eut peut-être pas un caractère entièrement original. Après la guerre, l'artiste entreprit de peindre des tableaux figuratifs, représentant des silhouettes schématisées, grotesques. La tonalité sombre des couleurs et la facture raboteuse renforçaient l'ambiance ténébreuse de ces toiles (KOMPOZYCJA / COMPOSITION, 1944-45). Vinrent ensuite des compositions métaphoriques d'un grand dynamisme, au coloris sobre et froid, dont la stylistique rappellaient les œuvres de Maria Jarema et de Jonasz Stern de la même période. (PONAD-RUCHY / LES SUR-MOUVEMENTS, 1948).

Dans la deuxième moitié des années 50, les toiles tachistes, peintes avec une touche frénétique, dominaient la production picturale de l'artiste. Le côté visuel de ces tableaux (vibrations des taches, des lignes et des couleurs), produit un charme spécifique ; ils font toutefois l'impression que l'auteur considérait la matière picturale comme "utilitaire", (OAHU, 1957), bien qu'il déclarât que la peinture constituait la "sécrétion" de son moi intérieur. La critique internationale, surtout française, apprécia l'originalité des toiles de Kantor qui, vers la fin des années cinquante, exposa plusieurs fois à l'étranger, entre autres à Paris.

La période suivante, dans la production picturale de Kantor, fut celle des assemblages et des emballages, des tableaux-reliefs composés d'objets usés, souvent abîmés (enveloppes, sacs, parapluies...) (MR. V PRADO – INFANTKA / L'INFANTE, 1965 ; EMBALLAGE, 1967). La figure humaine y réapparaît, déformée, montrée en raccourci, qui se cache derrière son parapluie dans un geste dynamique et symbolique d'autodéfense. (AMBALAZ - PRZEDMIOTY, POSTACIE / AMBALAGE – OBJETS, FIGURES, 1967). Objet particulièrement prisé par l'artiste, le parapluie cassé, inutile, spécimen de la "Réalité de la Plus Basse Importance", recouvre ainsi une valeur dans le monde de l'art. Les nombreux cycles picturaux créés par Kantor dans les années 70 et 80 demeurent en étroite corrélation avec son activité théâtrale. Par exemple, lors des préparatifs au spectacle LA CLASSE MORTE, dont la création eut lieu en 1975, l'artiste produisit une série de compositions du même titre. Au cours des années suivantes, Kantor se consacra principalement au théâtre, pour ne revenir à la peinture que vers la fin de sa vie. Ses compositions tardives présentent des figures humaines solitaires, en train d'effectuer un geste "scénique" singulier, tout comme dans l'art de la nouvelle figuration. D'un coloris froid, ces œuvres évoquent des expériences personnelles de l'auteur. (Cycle ENSUITE PLUS RIEN, 1987-88).

Kantor compte également à son actif nombre d'actions para-théâtrales, annonçant plusieurs phénomènes qui allaient contribuer au caractère interdisciplinaire de l'art des années soixante et soixante-dix, notamment les environnements ("anti-exposition" intitulée L'EXPOSITION POPULAIRE, organisée à la Galerie Krzysztofory de Cracovie en 1963), ainsi que de nombreux happenings (LIGNE DE PARTAGE, Galerie Krzysztofory, 1966; HAPPENING MARITIME PANORAMIQUE, PLEIN-AIR KOSZALINSKI À OSIEKI, 1967; LETTRE, Galerie Foksal à Varsovie, 1968; COURS D'ANATOMIE SELON REMBRANDT, Kunsthalle à Nuremberg, 1968, Galerie Foksal 1969). L'artiste n'a pas échappé à la fascination du conceptualisme (LA GRANDE CHAISE, projet dans le cadre du SYMPOSIUM WROCLAW 70).

Parmi les nombreux écrits consacrés à la vie et à l'œuvre de l'artiste, il convient de signaler l'ouvrage de Wieslaw Borowski intitulé "Tadeusz Kantor" (1982), "Deska" de Mieczyslaw Porebski (1997), "W cieniu krzesla", un recueil d'études de différents auteurs (1997), ainsi que les archives de la collaboration de l'artiste avec la Galerie Foksal à Varsovie (1999).

Malgorzata Kitowska-Lysiak
Instytut Historii Sztuki Katolickiego Uniwersytetu Lubelskiego
Katedra Teorii Sztuki i Historii Doktryn Artystycznych
2002


sources: www.culture.pl

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